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27.10.2007
CONGRES NATIONAL
Réuni en Congrès National du 22 au 26 octobre 2007 à Dijon, le SNALC-CSEN, second syndicat le plus représenté de l’enseignement secondaire, a procédé à une actualisation complète de sa réflexion pédagogique.
Cinq commissions ont respectivement abordé le recrutement, la formation, la vie scolaire, la mission et le statut des professeurs, le collège unique et les voies de formation au lycée.
Résolu à détourner définitivement le syndicalisme enseignant de la demande exclusive de moyens supplémentaires, le SNALC-CSEN, par l’audace et le réalisme de ses analyses, propose désormais un nouvel espoir pour une refondation du système scolaire. Plus que jamais, par son projet syndical, il représente une alternative de rupture avec les années de déclin qui ont caractérisé l’Education Nationale.
Le SNALC-CSEN ne s’associera pas au mouvement interfédéral du 20 novembre, pour lequel il n’a pas été consulté et qui se caractérise par l’aspect fourre-tout de ses revendications. En revanche, il appuiera sans réserve les actions de ses sections locales de Lille, Amiens, Strasbourg... contre la suppression aveugle de postes qui s’effectue au détriment des usagers et des acteurs du système éducatif.
Face à la paupérisation officiellement reconnue de la profession, le SNALC-CSEN demande qu’il soit procédé d’urgence à la revalorisation toujours attendue de tous les traitements, notamment en début de carrière.
Dijon, le 26 octobre 2007
14:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
POUR EN FINIR AVEC LA DESINFORMATION SUR LE MODELE FINLANDAIS
POUR TORDRE LE COU A LA DESINFORMATION
Depuis quatre ou cinq ans, avec l'exemple de ce petit pays relativement pauvre qu'est la Finlande , la mode est à dénoncer le coût et surtout, l'inutilité des redoublements.
Face à une certaine réussite, s'il est logique de partager cet avis, il faut par contre dire les faits, tous les faits même -surtout- ceux qui ne plaisent pas !
Le résumé ci-dessous n'est pas du SNALC, il est réalisé par Eric Selner de Sauver Les Lettres. Il est allé chercher l'information sur plusieurs sites. (Il en existe en français : suisses, etc…)
A certaines nuances près, j'y retrouve ma lecture : de forts investissements pédagogiques et financiers dans l'école de base et à l'inverse en lycée, parcimonie, exigence et sérieux des études ! Les nuances de lecture (En italique, concerne surtout le secondaire) sont liées à la déconcentration de l'enseignement public (99%) libre de ses méthodes.
JPSM
Une petite synthèse sur le modèle finlandais
Résultats PISA (évaluation internationale sur 43 pays OCDE + associés) *
- en 2000 : la Finlande est première en lecture, 4ème en maths et 3ème en sciences
- en 2003 : la Finlande est première en lecture, en maths et en sciences.
Les différences entre établissements, entre filles et garçons et entre catégories sociales sont les plus faibles de tous les pays évalués.
La proportion d'élèves en difficulté est très faible (6% contre 21% en moyenne)
* argumentation de ceux qui critiquent PISA : proche des méthodes d'évaluation anglo-saxonnes.
Un taux d'encadrement exceptionnel
- de 1 à 3 ans : 3 assistantes maternelle et une aide-ménagère pour 12 enfants maximum ;
- de 3 à 6 ans : 2 enseignants, 1 assistante maternelle et 1 aide-ménagère pour 21 enfants maximum ;
- de 7 à 13 ans et collège : 1 enseignant et 1 assistant d'éducation pour 20 élèves maximum ;
- Pas de collège de plus de 400 élèves, pas de lycée de plus de 500 élèves.
- Enseignement spécialisé : dépistage précoce (dès le jardin d'enfants) et classes spécialisées limitées à 5 élèves.
Aide aux élèves en difficulté
Chaque établissement dispose d'un maître spécialisé supplémentaire prenant en charge des groupes de 5 élèves maximum (17% d'élèves suivis)*.
Les élèves primo arrivants (principalement russes) suivent un cours intensif de finnois et sont partiellement intégrés avec 1 assistant bilingue pour 5 élèves.
* Un effort considérable est fait sur l'école de base, après le lycéen doit assumer ses efforts et résultats…
La lecture à 7 ans ?
Si l'école obligatoire commence effectivement à 7 ans, 96% des familles choisissent de faire suivre un CP optionnel dès 6 ans à leur enfant. Les autres apprennent la lecture dans leurs familles. Les méthodes de lecture utilisées sont syllabiques. Un élève qui n'est pas prêt à l'apprentissage de la lecture peut être maintenu en jardin d'enfants jusqu'à 8 ans. Malgré tous les dispositifs d’aide et le taux d’encadrement, le redoublement reste autorisé (0,8%)*.
* Année supplémentaire pour consolidation des savoirs avant de poursuivre dans le secondaire.
Evaluation des élèves
Il n’y a pas d'évaluation notée avant 9 ans, après cet âge, l'évaluation est progressivement mise en place jusqu'au lycée. A partir du lycée, et jusqu'à l'Université, une réelle sélection compétitive* est mise en place (examens de passage au cycle suivant, examens d'entrée et numerus clausus).
* Compétitive surtout en université. Sélection assez légère à l'entrée du lycée -numérus clausus- en relation aussi avec le niveau de l'école dont est originaire l'élève (voir ci-dessous).
Evaluation des établissements
Les enseignants sont recrutés par les communes et les directeurs. La liberté pédagogique est totale. Il n'existe pas de système d'inspection et de corps des inspecteurs. Les établissements sont dans l'obligation annuelle de rendre publics leurs résultats et leurs principes de fonctionnement*.
* Ma lecture est une forte évaluation des établissements (influant sur l'admission des élèves en lycée)…
11:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.10.2007
ET MAINTENANT , QUELLES ACTIONS ?
ET MAINTENANT , QUELLES ACTIONS ?
L’école est à présent sans cesse sous les feux de la rampe : carte scolaire, études pour les « orphelins de 16 heures », samedi matin, réforme du collège unique, piste d’un baccalauréat à options, modernisation et rationalisation du service public, amélioration des conditions de travail et de vie des enseignants, revalorisation de leur carrière en travaillant plus pour gagner plus, intronisation du comité présidé par Marcel Pochard pour une redéfinition du métier, dont les statuts sont jugés obsolètes et dans la perspective de missions nouvelles, Lettre du Président de la République aux éducateurs, le tout dans un contexte budgétaire de maîtrise des dépenses publiques et l’annonce de 11200 suppressions de postes, lesquelles font suite à des suppressions déjà importantes les années précédentes !!! De quoi nous donner le tournis…
Concernant les suppressions de postes de fonctionnaires, promesse de campagne d’un candidat démocratiquement élu, si le SNALC ne les approuve pas, il sera bien obligé de s’en accommoder : syndicat lucide et réaliste, conscient de l’énormité de la dette publique et soucieux des générations futures, n’ayant pour sa part jamais réduit les problèmes de l’Ecole à la seule question des moyens, il veillera sur le terrain à ce que ces mesures concernent bien uniquement les départs à la retraite et ne se traduisent pas par de énièmes mesures de cartes scolaires dans des académies déjà bien éprouvées.
Mais en compensation, et pour que cette rigueur budgétaire reste compatible avec l’efficacité du service public et la revalorisation du métier, il exigera des actions concrètes et ambitieuses, et une véritable réforme du système, à commencer par celle du collège ! Il n’est en effet pas concevable de laisser perdurer l’actuelle structure du collège unique avec sa cohorte de mesures ineptes débouchant sur un brevet dévalorisé, prolongé par un lycée qui accueille des élèves de niveaux très hétérogènes à qui on délivre un baccalauréat dont la seule valeur sûre est d’être une parfaite escroquerie intellectuelle !
Si l’Ecole doit s’adapter à la société, avec ses contraintes, son avenir et les objectifs que lui fixe la Nation, si le métier doit évoluer, le SNALC veillera tout particulièrement à ce que cette évolution ne se traduise pas dans les faits, sous couvert de modernisation, par une nouvelle dégradation des missions et des carrières. Pas question que le métier se transforme en école-garderie-professeur-animateur-surveillant, ou que l’augmentation du pouvoir d’achat ne se fasse que par le biais d’heures supplémentaires défiscalisées.
En attendant des actes de la part du gouvernement, le SNALC, lui, a décidé d’agir. Il a mis en ligne sur son site une grande pétition nationale, ouverte à tous, pour demander l’abrogation du collège unique : si ce n’est déjà fait, merci d’y penser. Il va proposer à ses adhérents, lors de son Congrès qui se déroulera à Dijon ce mois-ci, une vaste réflexion sur les missions et les statuts des professeurs, le collège et le lycée, le recrutement, la formation et la vie scolaire.
Les avis recueillis lui permettront de bâtir pour l’institution un projet solide et cohérent afin de faire des propositions de bon sens à un gouvernement dont on peut craindre qu’il risque de ne nous faire que des propositions démagogiques gravissimes pour l’avenir, dans un bel emballage à l’attention des médias et de l’opinion publique !
17:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.10.2007
LE COLLEGE UNIQUE ? EXIGEONS SON ABROGATION !
12:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.10.2007
RETABLIR L’AUTORITE A L’ECOLE.
RETABLIR L’AUTORITE A L’ECOLE.
Le sondage publié ce jour par le quotidien Le Figaro montre clairement que l’opinion exige le retour de l’autorité à l’école. Dans le même temps, 55% des Français souhaitent que certains élèves puissent être orientés dès l’âge de 14 ans et une courte majorité, (48% contre 43%), veut limiter les redoublements.
Le SNALC-CSEN considère que la seule réponse cohérente à ces aspirations consiste en la suppression du passage automatique dans la classe supérieure, qui ruine l’autorité des professeurs en les dépossédant de toute prérogative en matière d’orientation, tout en démotivant les élèves.
Second syndicat le plus représenté du secondaire, le SNALC-CSEN considère, en outre, que la limitation des redoublements ne peut se concevoir que dans le cadre d’une revalorisation de l’enseignement professionnel et d’une diversification des parcours dès le collège.
Le SNALC-CSEN vient de lancer, sur son site www.snalc.fr, une grande pétition pour l’abrogation du collège unique. Il considère qu’une fois de plus, l’opinion lui donne raison quant au combat qu’il mène sans relâche depuis plusieurs années pour mettre la transmission du savoir au centre du système éducatif.
Désormais, ni les pouvoirs publics, ni les archaïsmes administratifs ou syndicaux, ne sauraient concevoir d’excuse valable pour faire obstacle à la volonté de la Nation.
Paris, le 9 Octobre 2007.
15:15 Publié dans SYNDICATS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.10.2007
LA LETTRE DE NICOLAS... L'AMOUR VACHE
LETTRE AUX EDUCATEURS :
L’AMOUR VACHE…………
Comme l’ont fait en leur temps Jules Ferry[1] ou, avant lui François Guizot[2], Nicolas Sarkozy a souhaité présenter, le 4 septembre dernier, sa « Lettre aux éducateurs », texte de principes et de propositions pour l’Ecole à destination des parents et membres de la communauté scolaire.
Si l’on excepte ses envolées un peu trop lyriques, cette lettre a le mérite d’exhumer un certain nombre de vérités - jusqu’ici honteuses - depuis longtemps oubliées dans les culs-de-basse-fosse du ministère de l’Education Nationale : en affirmant la nécessité du respect de l’autorité des maîtres, de la promotion d’une culture commune face au relativisme triomphant, et d’exigences élevées en matière de transmission des savoirs, ce texte a en effet le mérite premier de remettre l’enfant, sinon l’élève, à la place qui est la sienne et qui n’aurait jamais dû être celle de nombril du système éducatif ! Sa lecture n’en finit en effet pas d’étonner, tant les principes énoncés sont, une fois n’est pas coutume, en rupture flagrante avec trente années de pédagogisme débridé : « depuis quelque décennies, c’est la personnalité de l’enfant qui a été mise au centre de l’éducation au lieu du savoir (…) A trop valoriser la spontanéité, à trop avoir peur de contraindre la personnalité, à ne plus voir l’éducation qu’à travers le prisme de la psychologie, on est tombé dans un excès contraire. On ne s’est plus assez appliqué à transmettre (…) L’autorité des maîtres s’en est trouvée ébranlée, celle des parents et des institutions aussi. La culture commune qui se transmettait de génération en génération s’est effritée au point qu’il est plus difficile de se parler et de se comprendre (…) Nous avons le devoir de leur apprendre – à nos enfants – que tout ne se vaut pas, que toute civilisation repose sur une hiérarchie des valeurs, que l’élève n’est pas l’égal du maître ». De fait, il semblerait que ces idées soient largement partagées (sinon inspirées ?) par Xavier Darcos lui-même qui écrit, dans son rapport du 10 mars 2007[3] que « l’on s’est trop fié à l’autonomie de l’enfant, à son propre projet, à ses sensations immédiates » et que « la liberté n’est pas un point de départ mais d’arrivée, ce qui suppose de l’effort et des exigences ».
Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes scolaires si chacun s’en tenait à ce simple constat (En gage de bonne volonté, nous ne nous appesantirons pas sur l’affirmation selon laquelle « pour la première fois dans l’histoire les enfants savent beaucoup de choses que leurs parents ne savent pas… »). Mais l’exposé des solutions proposées ne lasse pas de surprendre, sinon d’exaspérer. Reconnaissons toutefois à ce texte le mérite de placer les parents devant leurs responsabilités – « Vous avez la responsabilité de faire en sorte que votre enfant aille à l’école, de lui inculquer le respect des lois et de la politesse, de contrôler que les devoirs sont faits. Si vous les laissez manquer la classe, si vous les abandonnez à eux-mêmes, alors il est normal que la société vous demande des comptes, que votre responsabilité soit mise en jeu, que les aides qui vous sont accordées puissent être placées sous tutelle » - comme le courage d’aborder la question de la remise en cause du collège unique, en des termes malheureusement très édulcorés : il n’est en effet question que de « réforme » - non d’abrogation – mise en corrélation avec une reconnaissance des filières professionnelles « comme des filières d’excellence au même titre que les autres ».
Cependant, nombre de propositions relèvent d’une démagogie pédagogiste en contradiction avec les principes pré-posés :
- Le développement des pratiques d’interdisciplinarité, dans la mesure où « il ne faut pas cloisonner, isoler, opposer les différentes formes de savoir ». Nicolas Sarkozy affirme ainsi que « l’interdisciplinarité doit trouver sa place très tôt dans notre enseignement parce que l’avenir est au métissage des savoirs, des cultures, des points de vue ». On peut donc craindre le pire quant à un renforcement des dispositifs de type IDD ou TPE, alors qu’ils font régulièrement la preuve de leur inanité, au détriment des enseignements disciplinaires.
- La promotion des pédagogies « activ (istes) » et de l’école « ouverte à tous les vents » : selon Nicolas Sarkozy, « il nous faut revoir notre façon de transmettre. Trop longtemps, la passivité de l’enfant qui reçoit le savoir fut de mise dans notre éducation. La culture véritable exige davantage que la récitation (…) Il faut amener l’enfant à s’interroger, à réfléchir, à prendre de la distance, à réagir, à douter et à découvrir par lui-même les vérités qui lui serviront durant toute sa vie. Notre éducation doit devenir moins passive, moins mécanique (…) Je suis convaincu que de cette façon on intéressera davantage un plus grand nombre d’enfants et que l’échec scolaire s’en trouvera réduit». C’est bien méconnaître les méthodes pédagogiques actuellement à l’honneur dans tous les IUFM, faites de joyeuses découvertes autonomes et de bougeotte érigée en système d’enseignement ! Rappelons au passage qu’il est aujourd’hui prouvé que les pédagogies les plus « dirigistes » sont aussi les plus efficaces, en particulier pour les enfants issus des milieux les plus modestes…et que c’est justement le « devoir de plaisir », sinon d’intérêt, dans les apprentissages qui conduit chaque année vers le collège des cohortes d’élèves maîtrisant mal les outils fondamentaux de la langue ou du calcul. Il est enfin peu raisonnable d’affirmer qu’ « il faut ouvrir davantage le monde de l’éducation sur les autres mondes » et qu’ « il ne faut pas que les enfants restent enfermés dans leur classe » : au regard du nombre d’élèves batifolant dans les rues de nos cités, comme à l’importance des subventions accordées aux intervenants « extérieurs » par les municipalités et autres collectivités territoriales, on comprend rapidement que ce n’est malheureusement pas (plus !) la transmission des savoirs dans le cadre de la classe qui est privilégiée…
- L’intégration absolue des élèves handicapés : « si je souhaite que les enfants handicapés puissent être scolarisés comme tous les autres enfants, ce n’est pas seulement pour faire le bonheur des enfants handicapés mais aussi pour que les autres enfants s’enrichissent de cette différence » Quand on connaît les difficultés engendrées par l’application de la loi Monchamp (qui fait obligation aux établissements d’accueillir tout élève handicapé relevant de son secteur de recrutement), il est évident que cette disposition, si elle semble prendre en compte les aspirations des familles, ne tient pas compte des réelles difficultés rencontrées sur le terrain.(Ne nous y trompons pas, cette volonté d’intégration est largement sous-tendue par le désir de fermeture de centres spécialisés particulièrement coûteux !). Il est d’ailleurs paradoxal d’affirmer, plus haut dans le texte, que les enfants ont tous des besoins différents, et de vouloir faire entrer les enfants handicapés dans un système qui ne leur convient pas nécessairement!
D’autres propositions ont bien évidemment une résonance budgétaire :
- La volonté de remise à plat des horaires et programmes (pas vers le haut, puisqu’ils sont déjà qualifiés de « trop lourds » !) : on rejoint ici les préoccupations du gestionnaire, souvent évoquées dans de multiples rapports[4]. Mais alors même qu’est affirmée la nécessité de recentrage des apprentissages sur « l’essentiel », Nicolas Sarkozy s’autorise une digression utopiste : « nos enfants apprennent des langues étrangères, je souhaite qu’ils en apprennent obligatoirement au moins deux » !
Si l’enseignement des disciplines pourrait ainsi être revu à la baisse, l’encadrement des élèves après la classe serait renforcé : « je suis décidé à faire en sorte que plus aucun enfant ne soit livré à lui-même une fois la classe terminée afin que vous puissiez achever votre journée de travail sans éprouver l’angoisse de savoir votre fils ou votre fille sans surveillance, sans encadrement. Désormais les devoirs seront faits à l’école, en études surveillées et pour les bons élèves issus des familles les plus modestes qui ne peuvent pas offrir à leurs enfants un cadre propice à l’étude, des internats d’excellence seront créés ». Nous ne pouvons certes qu’être favorables à ces mesures (même si l’unique préoccupation semble bien n’être que le « gardiennage » des orphelins de 16 heures…), tout en en soulignant le coût dans un contexte de réduction globale des moyens : lorsque l’on constate, sur le terrain, que les HSE affectées au remplacements de courte durée (proposition qui avait fait grand bruit !) sont parfois épuisées quinze jours après la rentrée, on reste dubitatif sur le financement des études encadrées… Et l’on rappellera que ces tâches d’encadrement ne sauraient être imposées aux professeurs, sauf à faire explicitement et définitivement évoluer leur rôle vers celui d’animateur socioculturel… !
- Autonomisation tous azimuts des établissements : « les établissements dans lesquels vous enseignerez auront une plus grande autonomie dans le choix de leur projet, de leur organisation ». Rappelons que cette mise en autonomie est déjà effective dans nombre de collèges et lycées par le biais des contrats d’objectifs et de la LOLF, avec les risques que l’on sait : officialisation des disparités inter établissements, délayage des objectifs nationaux au nom des intérêts du cru et promotion de petits chefs locaux. Dans ce cadre, en accord avec le rapport Darcos de mars 2007, les professeurs seraient évalués en fonction de la réalisation d’objectifs d’établissements (pas nécessairement disciplinaires), par des principaux et proviseurs aux pouvoirs élargis… Dans ce contexte, comment Nicolas Sarkozy peut-il encore prétendre que les professeurs pourront « choisir la pédagogie qui leur semblera la mieux adaptée à leurs élèves » hors de toute contrainte ?
- Remise en cause des missions et des statuts : « dans l’éducation nationale, comme dans toute la fonction publique, le carcan des statuts doit s’ouvrir pour permettre que circulent les hommes, les idées, les compétences ». Bel éloge du libéralisme ! Mais ce que Nicolas Sarkozy oublie de préciser, c’est qu’avant d’être un carcan, un statut est une protection, et qu’il permet précisément de se libérer d’un autre carcan beaucoup plus préjudiciable : celui des intérêts locaux et des multiples groupes de pression plus ou moins constitués (parents, collectivités locales, etc.).
Dans ce cadre de remise à plat des missions et obligations de service, la logique reste malheureusement aussi celle du « diviser pour mieux régner » ; ainsi Nicolas Sarkozy, malgré son constat d’une paupérisation de l’ensemble de la classe professorale, ne propose-t-il qu’une revalorisation financière conditionnelle pour les enseignants : « dans l’école de demain vous serez mieux rémunérés, mieux considérés et à rebours de l’égalitarisme qui a trop longtemps prévalu, vous gagnerez plus, vous progresserez plus rapidement si vous choisissez de travailler et de vous investir davantage. Nous ne contestons certes pas que chacun puisse légitimement avoir envie de « travailler plus pour gagner plus ». Mais, en aucun cas, ce type de mesure ne saurait compenser ce que les professeurs ont globalement perdu depuis 25 ans! Quant à l’engagement d’une réinjection des moyens dégagés par la réduction des effectifs professoraux au profit de la revalorisation des carrières, il convient enfin de rester prudent…
Au final, le SNALC-CSEN ne peut bien évidemment que partager les termes d’un constat que lui-même appelle de ses voeux depuis plus de trente ans. Il souhaite néanmoins attirer l’attention sur les nombreuses contradictions d’un texte qui affirme vouloir changer la donne tout en conservant certains des principes et des méthodes ayant conduit au désastre actuel. Il souligne également le danger d’une réforme dont les modalités d’application seraient laissées à l’appréciation des seuls rectorats, sinon établissements : l’Ecole républicaine mérite en effet mieux que les tâtonnements plus ou moins intéressés des « acteurs locaux » ; son redressement, pour être à la fois significatif et homogène sur l’ensemble du territoire, requiert une volonté nationale au moins aussi forte que celle ayant présidé, il y a plus d’une siècle, à sa création.
Michèle HOUEL - Vice-Président
Claire MAZERON - Secrétaire Nationale à la Pédagogie
[1] Jules Ferry, Circulaire adressée par M. le Ministre de l’Instruction publique aux instituteurs concernant l’enseignement moral et civique, 17 novembre 1883.
[2] François Guizot, Lettre aux instituteurs primaires, 18 juillet 1833.
[3] Xavier Darcos, Rapport à M. Nicolas Sarkozy et propositions sur la situation morale et matérielle des professeurs en France, 10 mars 2007.
[4] Voir en particulier P. Lepetit, A. Dulot, D. Charbonnier et A. Beurrier, Rapport sur la grille horaire des enseignements au lycée général et technologique, octobre 2006 et C. Peretti, X. Sorbe, Rapport sur la grille horaire des collèges, octobre 2006.
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