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12.02.2008

COMMISSION POCHARD : L’ESSENTIEL DES DEGÂTS

COMMISSION POCHARD :

L’ESSENTIEL DES DEGÂTS

TOUJOURS PLUS D’AUTONOMIE DES ETABLISSEMENTS


Programmes et diplômes nationaux sont désormais soumis à la « liberté [libéralisation ?] dans l’organisation des
cursus scolaires » :
Annualisation et globalisation des horaires : chaque établissement peut décider d’affecter plus ou moins
d’heures à une discipline ou un projet, et choisir de consacrer exclusivement une période – par exemple un
trimestre - à l’enseignement d’un nombre restreint de disciplines ou à la mise en place d’un projet.
Eclatement du groupe-classe, au risque de rendre ingérable la gestion des établissements.
Conditions d’exercice des enseignants partiellement fixées par établissement (fin des emplois du temps
hebdomadaires).
Au moins 10% de la dotation horaire consacrés à l’exercice de cette autonomie (moins de 5% aujourd’hui).
A l’image du secteur privé, possibilité de recrutement direct des professeurs par le chef d’établissement, avec
signature d’un contrat, indiquant les objectifs à atteindre.
Conseil pédagogique aux pouvoirs renforcés : organisation globale du travail des professeurs, dans le cadre du
projet d’établissement, recrutement des enseignants volontaires pour accomplir des missions annexes à
l’enseignement, etc.
Ø La Pédagogie de projet devient le seul référentiel d’organisation pédagogique !
Ø Caporalisation définitive des professeurs


REDEFINITION DES MISSIONS DES ENSEIGNANTS : TOUJOURS PLUS POUR GAGNER… PEU !


Plusieurs options envisagées pour redéfinir les missions et activités des professeurs et les intégrer dans le temps de
travail :
Ø 1ère option : l’alignement sur les 35h des autres fonctionnaires.
Ø 2ème option : une obligation de service, soit hebdomadaire, soit annuelle, limitée au seul temps d’enseignement,
soit 648h, communes aux certifiés et agrégés, avec complément de rémunération (non défini !) pour les
agrégés.
Ø 3ème option : une obligation de service incluant désormais des activités dites « indissociables », soit incluses
dans le temps de travail (ce qui signifie une diminution des horaires d’enseignement eux-mêmes), soit ajoutées
statutairement au temps d’enseignement (avec rémunération supplémentaire), soit modulées par
établissement… Dans les deux derniers cas, le temps de présence est accru dans les établissements.

FORMATION ET RECRUTEMENT : ON BRADE !


Dans l’hypothèse la plus favorable, les concours pourraient être maintenus mais sous certaines conditions :
- Simplification et professionnalisation des épreuves sous contrôle des IUFM, au risque d’un appauvrissement
de la qualité des recrutements : remplacement de certaines épreuves des concours internes par la VAE, et
calquage des concours externes sur la maquette des concours internes.
- Ouverture à d’autres milieux professionnels, aux ressortissants de l’UE, et multiplication des procédures
simplifiées de recrutement (3ème concours, entretiens professionnels simplifiés)


COMMISSION POCHARD :
L’ESSENTIEL DES DEGÂTS


- Regroupement des concours CAPLP et CAPET, qui pourrait être étendu aux CAPES, afin de permettre
plus de flexibilité d’affectation d’un établissement à un autre…
- Bivalence encouragée (CAPES bivalents, mentions complémentaires, PLP exerçant en collège…) devant
aboutir à la création d’un nouveau corps « d’enseignants de collège », avec possibilité d’intégration de
professeurs des écoles.
Ø Fin des spécificités des corps comme des compétences disciplinaires !
Ø Primarisation du collège.
Ø Constitution progressive du corps unique de la maternelle à l’université !
Mais la commission Pochard envisage aussi la pure et simple disparition des concours nationaux :
- Instauration d’un master professionnel en enseignement, sous l’autorité des IUFM intégrés aux universités.
- Recrutement sur tests et entretien par une autorité locale, ceci pouvant aller jusqu’au recrutement
direct des lauréats de master par les chefs d’établissements.
Enfin, l’agrégation n’a aucune place sérieuse dans les conclusions de la commission…
Réactivation des allocations IUFM et des IPES pour les jeunes des milieux défavorisés, mais loin de toute idée
d’ouverture et de promotion sociale : ils « constitueront un vivier d’enseignants plus proches socialement de leurs
élèves et ils formeront une population d’enseignants stables dans les académies fuies aujourd’hui par les néotitulaires
dès qu’ils en ont la possibilité » !
Aucune mesure sérieuse à destination des jeunes professeurs, ni écartés des postes les plus difficiles, ni
revalorisés dans leurs traitements : ils pourraient recevoir une simple dotation destinée à acheter du matériel
pédagogique et informatique, c’est-à-dire simplement les moyens –a minima- d’exercer leur métier, pas de vivre
plus décemment !

REVALORISATION DES CARRIERES : BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN !


Du point de vue des rémunérations, la commission précise bien qu’il n’est pas question de toucher aux bornes
indiciaires.
Ø Simple développement des « rémunérations accessoires », sous forme notamment d’une prime modulable qui
serait versée « en fonction de la diversité des conditions d’exercice » ou développement de la promotion
interne.
Ø Aucune augmentation d’ensemble des traitements, malgré la perte de pouvoir d’achat (20%) considérable
subie par les enseignants depuis 20 ans !
Notation et rémunération partiellement au « mérite » ou « à la performance », sans définition précise des termes :
Ø Evaluation globale des établissements : en fonction de ses performances –mesurées à l’aune des contrats
d’objectifs- chacun bénéficierait d’une « masse de primes » que le chef d’établissement pourrait « répartir entre
les différents acteurs de l’établissement ».
Ø Remplacement de la notation chiffrée des professeurs par un entretien professionnel, avec renforcement du rôle
du chef d’établissement.

DE TOUT CELA, LE SNALC
N’EN VEUT ET N’EN VOUDRA PAS !

03.02.2008

Une pétition de soutien à l'enseignant de Berlaimont

 

Une pétition de soutien à l'enseignant de Berlaimont
vient d'être lancée...
Sur le site du SNALC-CSEN :

LEGITIME DEFENSE

Le SNALC-CSEN, second syndicat le plus représenté chez les professeurs du second degré, remarque qu’une fois de plus, c’est une victime qui, dans l’Education nationale, se retrouve au banc des accusés.
Le SNALC-CSEN s’insurge de voir un professeur placé en garde à vue pour avoir giflé un élève qui l’avait traité de « connard » : devant la violence du propos, l’enseignant de Berlaimont n’était-il pas en état de légitime défense, comme ce candidat à l’élection présidentielle qui, en 2002, avait giflé un gamin qui lui « faisait les poches » ? D’un côté, un juste retour à la morale, et de l’autre, de la maltraitance à enfant ?
Le SNALC-CSEN, qui couvre en partenariat exclusif avec la GMF chacun de ses adhérents en matière pénale, dénonce la disproportion de la suite donnée à cette affaire et s’inquiète des conséquences à venir pour une profession aux conditions de travail déjà si difficiles.
Le SNALC-CSEN approuve sans réserve les actions engagées par sa section académique de Lille (http://snalc.lille.free.fr) et apportera son soutien total à notre collègue de Berlaimont.
En signant cette pétition, vous lui apporterez le vôtre.
Paris le 2 février 2008

02.02.2008

A propos du Rapport POchard

NOUS NE VOULONS PAS DEVENIR DES « FLEXIPROFS ».

 

 

 

Pour le SNALC-CSEN, le pré rapport de la commission Pochard part du postulat implicite que les structures actuelles du système éducatif sont immuables et qu’il convient, à n’importe quel prix, de contraindre les professeurs à s’y adapter. Il est clair qu’associée à une diminution drastique des moyens, la poursuite de la politique éducative des gouvernements antérieurs ne peut produire qu’une dégradation des conditions de travail des enseignants ainsi qu’une dénaturation de leur mission.

 

En l’absence d’une définition clairement identifiée du «mérite» en tant qu’aptitude à transmettre le savoir, la notion de rémunération au mérite entraînera la caporalisation des professeurs et leur soumission au bon vouloir des seuls chefs d’établissement. Par ailleurs, le SNALC-CSEN, considère que l’annualisation du temps de travail, telle qu’elle est abordée dans le rapport Pochard, ne saurait conduire qu’à un accroissement invraisemblable de la charge de travail des personnels ainsi qu’au remplacement de l’enseignement par une multitude de dispositifs pédagogistes et démagogiques inutiles.

 

De plus, en ne consacrant pratiquement sa réflexion qu’au seul enseignement secondaire, la commission démontre implicitement qu’elle entend aligner, dans une perspective de corps unique, le statut des professeurs du secondaire sur celui des professeurs des écoles en induisant progressivement une primarisation du collège consacrée par les retour de la bivalence.

 

Dans ces conditions, le SNALC-CSEN, second syndicat le plus représenté des professeurs du second degré, tient à alerter solennellement le Gouvernement et l’ensemble de l’opinion publique : si de telles propositions venaient à se voir approuvées, elles constitueraient un casus belli et conduiraient inexorablement l’Education Nationale à un conflit majeur.

 

 

                                                                                                                       Paris, le 1er février 2008

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