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24.03.2008
Editorial de la QU1291 : ENTROPIE
Après quatre ou cinq décennies de balivernes, voici que l’on s’avise de la nudité du roi : au moins 20 % des élèves ne savent ni lire ni écrire ni compter en entrant au collège … Et Xavier DARCOS a mille fois raison lorsqu’il entend réintroduire le bon sens dans les programmes de l’école élémentaire. Reste un petit détail, un seul : à entendre les couinements des intégristes pédagogos, on sent qu’il aura bien du mal à imposer pareille réforme !!! Souhaitons que l’opération ne s’achève pas sur une capitulation en rase campagne, à l’instar celle de Gilles de ROBIEN face au dénommé Frackowiak ... Entropie.
Pour garantir l’acquisition du "socle fondamental de compétences", l’Education Nationale a mis en place les "parcours personnalisés de réussite éducative" ... Soit. Rappelons qu’avant eux, depuis le "soutien" de la réforme Haby, une multitude de dispositifs de "remédiation" avaient largement suffi à prouver leur coûteuse inefficacité. Et puis, entre nous, a quoi peut bien servir un dispositif de remédiation pour garantir l’acquisition de "compétences", lesquelles sont au savoir disciplinaire ce que le Canada Dry est à un bon whisky ?! Bref, pour entretenir l’illusion, "on" n’hésite pas à gaspiller des ressources qui, pourtant, se raréfient ... Entropie.
"On" nous chante sur tous les tons que la réforme universitaire serait un grand succès. Allons donc ! Faute du courage politique nécessaire à l’abrogation du passage automatique, à la réforme du collège unique et à la défense d’un vrai baccalauréat, faute, à défaut, d’une sélection à l’entrée de l’université, Madame la Ministre, en un discours que ne désavoueraient pas, et pour cause, les pires ayatollahs du pédagogisme, nous explique qu’elle consacrera les deux premières années à compenser les carences des cycles antérieurs ... Entropie.
Résumons-nous : "on" réforme l’école primaire, puis on entend réformer, à nouveau le lycée ... Mais du collège, nul n’entend parler ! Serait-ce en raison des éclatants succès de cette institution ? Dans ces conditions, évidemment, la démarche échouera une fois de plus : le pédagogisme n’aura aucune raison de disparaître en primaire, puisqu’il continuera de sévir de la sixième à la troisième ! Croit-on qu’un rééquilibrage des filières du lycée sera opérationnel alors qu’un nombre considérable d’élèves continuera d’entrer au lycée sans les connaissances requises pour y suivre ? Gageons qu’alors, de nouvelles et inefficaces réformes seront à nouveau nécessaires. Et certains clameront, encore et toujours, qu’il faut "des moyens" ... Entropie.
A force de démissions, et faute de véritables réformes, l’Education Nationale finit par n’être plus qu’une machine infernale, alimentant sa gloutonnerie des carences issues de sa propre technocratie. En laissant librement sévir les éternels idéologues au sein de la commission Pochard, le gouvernement à laissé entendre qu’il considérait la "modernisation" du statut des professeurs comme une marche forcée vers la dénaturation de leur mission. Pour mieux prendre en compte le désordre croissant du système et n’avoir pas à le changer ... Entropie.
Ne pouvant plus, désormais, puiser sans frein dans la poche du contribuable pour financer sa gestion aberrante, l’Education Nationale finira par imploser. A moins que le combat du SNALC ...
Bernard Kuntz – 7 mars 2008
*Entropie : "L’entropie mesure le degré de désordre d’un système par rapport à son état initial probable". Que nos collègues physiciens me pardonnent cet emprunt : il s’agit ici d’une métaphore !!!
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22.03.2008
QUI VEUT NOYER LE BAC...
QUI VEUT NOYER LE BAC...
Le SNALC-CSEN s'insurge contre les affirmations contenues dans le rapport publié par l'IREDU sur le baccalauréat avec une certaine malhonnêteté intellectuelle.
Le SNALC-CSEN dénonce les conditions de « laboratoire » qui ont présidé à cette étude:
- 3 copies d'élèves ! 2 académies sélectionnées seulement !
- Copies corrigées dans l'optique d'un stage de formation à l'évaluation et non d'une étude
scientifique.
- Corrections individuelles en l'absence de toute réunion de concertation et de grille de
correction
-
Le SNALC-CSEN ne saurait admettre que de telles conclusions s'appliquent aux corrections de l'ensemble de l'examen et considère que de telles affirmations sont un nouveau coup porté aux compétences professionnelles des enseignants.
Le SNALC-CSEN se félicite néanmoins que les résultats aberrants de cette enquête démontrent qu'il faut, au contraire, maintenir un examen national: réunions d'harmonisation et grilles de corrections telles qu'elles fonctionnent déjà, sont une garantie d'équité qu'il faut maintenir dans l'intérêt des élèves face aux aléas de la notation individuelle et par établissement.
Le SNALC-CSEN finit par se demander s'il n'y a pas en haut lieu la volonté de dénigrer le
baccalauréat dans l'intention de le supprimer.
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